| Chronique des matières
premières, 13/12/2002 www.rfi.fr |
Après le sucre, le
lait. Profitant du sommet de l’élargissement à Copenhague,
Oxfam, une très puissante ONG britannique s’en prend à la
politique laitière de l’Union européenne. Comme pour le sucre,
l’Europe est accusée de casser les prix sur le marché mondial,
de ruiner les petits producteurs des pays en développement. Au
Kenya, expliquent les experts d’Oxfam dans le rapport qu’ils
viennent de rédiger, le secteur laitier emploie 600 000 fermiers et
c’est 10% des richesses créées dans le pays. Mais l’an
dernier, le pays a dû faire face à une irruption des importations
européenne à bas prix. Les producteurs locaux ont dû s’adapter
et leurs revenus en ont souffert. Même l’Inde, premier producteur
mondial de lait, aujourd’hui auto-suffisante et dont les
exportations de lait en poudre ont doublé ces des deux dernières
années, se plaint de la politique de dumping des
exportateurs européens de lait en poudre ou de beurre.
Les Quinze, bientôt vingt-cinq, n’ont pas de pudeurs, affirment
les experts d’Oxfam. Ils profitent de la moindre brèche pour pénétrer
de nouveaux marchés, mais eux ont dressé de solides barrières
douanières pour éviter les importations. C’est à l’abri de
ces barrières, politique de subvention et de quotas aidant, que les
Européens produisent 10% de plus que leur besoin. Ce sont ces 10%
venant surtout d’Irlande, des Pays-Bas et du Danemark, qu’on
retrouve sur le marché mondial. Au plus grand bénéfice des
industriels européens de la transformation du lait, dit Oxfam. Car
en dépit cette politique censée les protéger, les agriculteurs
européens qui produisent du lait sont de moins en moins nombreux:
600 000 aujourd’hui. C’est moitié moins qu’en 1994.
Jean-Pierre BORIS
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