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Le lait et la souveraineté alimentaire Imprimer Envoyer
Agriculture - Les producteurs laitiers veulent aménager la fiscalité

Au Canada,
les producteurs de lait
ont fait le choix de la souveraineté alimentaire

Canoë  Dominique Lavoie
27/08/2007 18h08

Dans un mémoire présenté à la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, le président Marcel Groleau a présenté la vision de la Fédération des producteurs de lait du Québec pour les dix prochaines années. Au moment où le prix du lait en poudre explose sur le marché mondial, nous pensons que cette vision devrait inspiré les producteurs de lait de l'Afrique de l'Ouest et leurs gouvernements.

La Fédération croit que l’avenir de l’agriculture doit se baser sur un principe de souveraineté alimentaire et sur une gestion de l’offre efficace. «Nous souhaitons, a dit Marcel Groleau, que le secteur laitier appuie son développement sur un contrat social renouvelé avec la population et les gouvernements, basé sur les principes de la souveraineté alimentaire et sur une gestion de l’offre efficace. Pour que cela se concrétise, nous demandons au gouvernement du Québec d’adhérer aux principes de la souveraineté alimentaire et d’en faire la pierre d’assise de la politique agricole du Québec.»

Marcel Groleau a opposé souveraineté alimentaire et indépendance alimentaire, qu’il ne faut pas confondre. Par souveraineté alimentaire, il faut entendre le droit des peuples à définir leur propre politique alimentaire et agricole, à protéger et réglementer la production et les échanges agricoles nationaux pour atteindre des objectifs de développement durable, déterminer leur degré d’autonomie alimentaire et empêcher le dumping de produits agricoles et alimentaires sur leurs marchés.

La Fédération a initié une consultation auprès de plus de 3 000 producteurs l’hiver dernier dans le but de dégager les enjeux auxquels ils devront faire face au cours des dix prochaines années. Il en ressort que les producteurs veulent conserver le système de mise en marché actuel. Ils ont aussi reconnu la nécessité de recréer un lien entre les producteurs et les citoyens. Le modèle développé dans le secteur de la production laitière basé sur la mise en marché collective et la gestion de l’offre est une belle réussite qu’il faut préserver, a évoqué Marcel Groleau.

«La souveraineté alimentaire n’est pas une politique qui empêche les exportations ni qui empêche les importations, mais c’est une politique qui permet et qui donne pleine autonomie aux gouvernements d’élaborer leur politique agricole et alimentaire. Ce n’est pas ce qui se passe actuellement dans les négociations à l’OMC, c’est plutôt le contraire. Aujourd’hui, à l’OMC, on limite l’application de politiques d’États ou régionales en agriculture parce qu’on ne veut pas limiter le commerce» a soutenu Marcel Groleau.

Selon le président de la Fédération, cette politique d’autonomie est beaucoup plus près de la réalité d’aujourd’hui que la réalité du commerce et d’ouverture des marchés qu’on veut bien le présenter, puisque 90% des produits agricoles et alimentaires sont consommés près de leur lieu de production et de transformation.

Rappelons que la Fédération des producteurs de lait du Québec regroupe 7 000 fermes avec 15 000 producteurs. En moyenne, on compte 55 vaches par ferme et une production de 400 000 litres de lait par troupeau et par année. Au total, le Québec produit 2,8 milliards de litres de lait pour des revenus d’environ 2 $ milliards.

Formée dans le but de faire état de la situation, des enjeux et des défis de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le mandat de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire veut examiner l’efficacité des interventions publiques en matière d’environnement, de santé, d’occupation du territoire, de développement régional, établir un diagnostic et formuler des recommandations compte tenu des défis de la compétitivité et des revenus agricoles et de la mise en valeur du potentiel régional.