06-07-2009 - abcBurkina
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2) De la rizière de Bama au marché de Bobo-Dioulasso Version imprimable Suggérer par mail

La Thaïlande, la Chine, l'Inde ... 
bradent leurs excédents de riz sur le marché mondial.
Ce riz rentre au Burkina Faso sans taxe spécifique et casse les prix.

Pour agrandir une photo, il suffit d'un simple clic sur la photo choisie.

Nous sommes au mois d'août 2002, dans la rizière de Bama. Un père de famille repique le riz avec ses enfants. Ils ne sont pas en avance dans leurs travaux, car ils se sont occupés de leur maïs avant de s'occuper du riz. 

Le riz demande beaucoup de travail. Il faut commencer par faire une pépinière. Ensuite le riz sera repiqué, désherbé, traité (avec un insecticide)...

En fait, les producteurs ne sont plus très motivés. Ils nous disent que le riz "se vend mal", à un prix peu rémunérateur.

Hommes, femmes, adultes, enfants travaillent dans la rizière. Mais ce sont les femmes les plus nombreuses.

Après la récolte, ce sont encore elles qui vont traiter le riz paddy (non décortiqué), comme nous le verrons la semaine prochaine.

Nous n'avons fait que 25 km depuis la rizière de Bama. Nous faisons un tour au marché central de Bobo-Dioulasso. De tout côté nous y découvrons des stocks de riz en provenance de Chine, Inde et Thaïlande. Nous demandons quel est le prix d'un de ces sacs de riz . 10 000 FCFA ou 11 000 FCFA le sac de 50 kg de riz, 200 F le kilo ! Environ 3 kg de riz pour un euro !

Inutile de chercher plus loin l'origine des difficultés de la filière riz : l'an passé (en 2001), le Burkina Faso a importé pour 20 milliards de FCFA de riz. Or sur le marché mondial, le riz est bradé, à des coûts inférieurs aux coûts de production. En Thaïlande, par exemple l'état protège le marché intérieur (pour offrir à ses propres producteurs un prix rémunérateur). Et le riz exporté est subventionné. Comme il rentre sans taxe spécifique au Burkina Faso, il se retrouve moins chers sur les marchés du Burkina que sur ceux de Thaïlande ! Et les producteurs de riz burkinabè n'arrivent plus à vendre leur riz à un prix qui couvre les coûts de production. 

A notre sens, ce petit voyage de 25 km de Bama à Bobo-Dioulasso en dit plus sur les causes de la pauvreté du monde rural que bon nombre d'atelier à la recherche d'une nouvelle stratégie pour lutter contre la pauvreté.

Pour aller plus loin, pour rechercher une solution, consultez  notre dossier riz

 
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La révolution blanche est-elle possible au Burkina Faso, et plus largement en Afrique de l'Ouest?
Quelle stratégie adopter pour lutter contre la pauvreté ?
Les filières rizicoles en Afrique de l'Ouest et la nécessité de la souveraineté alimentaire
L'ECOWAP en français facile
Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation
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